lundi 4 septembre 2017

Disparition de Maëlys : le suspect reconnaît que la fillette est montée dans son véhicule

L'un des deux hommes arrêtés puis relâchés jeudi a été mis en examen «pour enlèvement et séquestration ou détention arbitraire d'un mineur de 15 ans», à la suite de résultats de la police technique et scientifique. Une trace ADN aurait été trouvée sur le tableau de bord de sa voiture.
Après avoir nié toute implication, le principal suspect dans l'affaire de la disparition de la petite Maëlys a reconnu que la fillette était montée dans son véhicule, a indiqué ce lundi son avocat Maître Bernard Méraud. «Il a déclaré que la fillette était entrée dans le véhicule avec un petit garçon, sur la banquette arrière, pour voir si son chien (celui du suspect, ndlr) était dans le coffre», a déclaré l'avocat. Dimanche, le procureur de la République de Grenoble avait annoncé dans un communiqué, qu'un homme avait été arrêté et mis en examen dans la soirée pour «enlèvement et séquestration ou détention arbitraire d'un mineur de 15 ans». Il s'agit d'un des deux hommes déjà interpellés jeudi avant d'être relâchés vendredi soir, aucune charge n'ayant alors été retenue contre eux.
Lors de son interrogatoire dimanche, le trentenaire, qui était présent au mariage, aurait nié toute implication dans la disparition de la fillette de 9 ans. Il a été confronté «aux témoignages, constatations et résultats scientifiques, il a persisté dans ses dénégations et apporté ses explications», indique le communiqué. «Celles-ci n'ont pas convaincu les juges d'instruction qui ont décidé de le mettre en examen. Après débat (...) entre le parquet et la défense», l'homme a été placé «en détention provisoire», conclut le communiqué.
Sa mise en examen intervient après des «résultats de (la) police technique et scientifique», a précisé le parquet. Selon une source proche de l'enquête, la police technique et scientifique a retrouvé de l'ADN sur un des scellés et essaye de déterminer si la fillette était présente dans le véhicule de la personne qui vient d'être incarcérée. Cette voiture retenait l'attention des enquêteurs. Son propriétaire l'avait lavée après le mariage pour, expliquait-il, la vendre. L'avocat de l'homme a indiqué à France Bleu que son client «n'a rien à voir avec cette histoire. Il est faux de dire qu'il a parlé ou joué avec Maëlys». «S'il a nettoyé sa voiture dimanche matin, c'était parce qu'il devait la vendre», a-t-il insisté. Interrogé par le Dauphiné Libéré, l'avocat précise qu'«une seule et unique trace d'ADN a été retrouvée par les gendarmes, sur un bouton du tableau de bord de son Audi A3. Ce qui soulève plusieurs interrogations».
«Il y a une très infime possibilité pour que cela ne soit pas l'ADN» de Maëlys, a reconnu l'avocat. Cette unique trace, parmi de très nombreux prélèvements effectués, était «mélangée avec l'ADN de mon client» mais il ne faut pas écarter l'éventualité d'un «transfert d'ADN», a expliqué Me Méraud. Autrement dit, la trace pourrait avoir été déposée par un tiers sur cet élément de commande du tableau de bord, un endroit pas «très compatible» avec une présence éventuelle de Maëlys, a expliqué Me Méraud.
L'homme aurait également expliqué lors de sa garde à vue «avoir effectué un aller-retour jusqu'à son domicile au cours de la nuit, ce que confirme sa famille, pour changer uniquement son short qu'il avait taché de vin» précise Me Méraud.

Les recherches se poursuivent

Alors que Maëlys a disparu depuis sept jours lors d'un mariage auquel elle assistait avec ses parents à Pont-de-Beauvoisin (Isère), le procureur adjoint de Grenoble, Laurent Becuywe, avait annoncé samedi l'ouverture d'une information judiciaire contre X du chef d'enlèvement et séquestration d'un mineur de moins de 15 ans. Deux juges ont été saisis pour mener l'enquête sur la disparition de la petite fille de 9 ans.
Les deux hommes entendus jeudi et vendredi avaient été relâchés. Le procureur adjoint de Grenoble s'en était expliqué: «Les personnes gardées à vue avaient des éléments sur lesquelles il fallait qu'elles s'expliquent (...). Dans l'état, il a été décidé que ces éléments n'étaient pas des charges permettant de les déférer devant le juge d'instruction». La fillette a été vue pour la dernière fois dimanche 27 août, vers 3 heures du matin, alors qu'elle assistait à un mariage avec ses parents dans une salle des fêtes de cette commune de 3500 habitants.
L'un des deux hommes placés en garde à vue jeudi - qui pourrait être celui mis en examen dimanche - n'était pas en soi un invité du mariage. Mais le père du marié qui le connaît lui avait dit de passer en fin de soirée. Ce qu'il a fait. L'homme s'est «absenté de la soirée sur les créneaux horaires pouvant correspondre à la disparition de Maëlys», avait souligné dans un communiqué la procureure. Ce «trou» dans son emploi du temps avait conduit les enquêteurs à le placer en garde à vue. Sur RTL, la mère de l'homme arrêté a clamé l'innocence de son fils. «Aucun moment il pourrait faire une chose pareille, c'est pas possible (...). Je n'ai pas fait un monstre, ça n'a jamais été un monstre. Non, c'est pas un monstre. C'est un garçon gentil qui ne ferait pas de mal à personne».
Samedi matin, une «battue citoyenne» rassemblant plusieurs centaines de personnes, munies de gilets jaunes et de cartes topographiques ayant répondu à un appel lancé sur Facebook, a eu lieu aux alentours de la salle des fêtes. «Je préfère toujours être optimiste que pessimiste (...). Ce qu'on cherche surtout à éviter, c'est que l'affaire ne soit jamais réglée, qu'on ne sache pas ce qui s'est passé», a expliqué à l'AFP Guillaume Aulard, l'un des participants répartis sur différentes zones. «Nous accompagnons cette initiative mais ce n'est pas une initiative de la gendarmerie», a précisé le commandant de gendarmerie Jean Pertué. «Ça ne peut que nous aider». Les recherches de la police pour retrouver la fillette se poursuivent. Des plongeurs ont sondé encore dimanche des plans d'eau de la région à la recherche de la fillette, mais sans résultats.
Le suspect reconnaît que Maëlys est montée dans son véhiculehttp://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/09/01/01016-20170901ARTFIG00128-disparition-de-maelys-un-deuxieme-homme-place-en-garde-a-vue.php


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